Références  


Le courrier de l'Ouest - 04/11/99
- Christian Watier vend ses photos agricoles dans le Monde entier. -
- Installé à la Ménitré, en Anjou, Christian Watier s'est spécialisé dans la photographie agricole.Via Internet et l'informatique, il vend ses clichés dans le monde entier. -
Christian Watier traque la pyrale sur un épi de maïs, comme d'autres Stéphanie de Monaco sur la plage de St-Tropez. Ses sujets de prédilection: les acariens, les mauvaises herbes et les maladies des cultures. Etabli en Anjou, à la Ménitré, depuis trois ans, Christian Watier, 42 ans, est photographe... agricole. L'un des meilleurs au monde. Avec 6000 photos par mois, il a fait de la photographie agricole un Art. Originaire de Metz, ce Lorrain a traversé la France il y a vingt ans pour suivre des études de technicien agricole à Tours. Il n'a jamais fait le chemin en sens inverse. Son BTS d'horticulture en poche, Christian Watier a été embauché au sein du groupe Limagrain à Angers dans le secteur de la recherche. Il y a travaillé seize ans, accumulant des milliers de connaissances dans le vaste domaine de l'agriculture.
Il crée Watier Visuel en 1996.
Attiré très tôt par la photographie - il crée un club photo dans son collège à l'âge de onze ans - Christian Watier a progressivement compris qu'il pourrait vivre de sa passion. Membre du photo-club de Longué ( Maine-et-Loire, lauréat de concours régionaux, il a été chargé de présentations audiovisuelles de son entreprise aux rédacteurs en chef de presse agricole en visite. << Les responsables de presse agricole appréciaient mes travaux. Ils m'en confiaient de plus en plus >> explique Christian Watier. En 1996, il saute le pas. Il démissionne en bon terme de Limagrain, dont il fait toujours les photos, et crée " Watier Visuel " sa propre société de photographie.
Les premiers temps sont délicats. Il travaille quinze heures par jour, sept jours sur sept. Il investit dans du matériel photo et informatique, très pointu. Il "bouffe" des milliers de kilomètres de pellicules. Quand il n'est pas dans une vigne à photographier du mildiou ou dans les champs à traquer le rumex, il est devant ses ordinateurs à scanner et répertorier ses photos.
Aujourd'hui sa photothèque compte 100 000 clichés, légendés avec précision. Ses photos sont visibles sur son site Internet ( www.watier-visuel.fr ) Il a gravé cinq CD rom de 6 000 photos chacun destinés aux décideurs de la presse agricole, des groupes semenciers et phyto-pharmaceutiques pour lesquels il travaille. Ménitréen oblige, il a illustré la plaquette du Centre national professionnel horticole de la Ménitré. Il sème les mauvaises herbes. << En prise de vue, nous sommes une douzaine en France à pratiquer la photographie agricole. C'est un domaine qui demande des connaissances très pointues. J'ai des photos de toutes les cultures à tous les stades. Je n'ai pas droit à l'erreur >> confie Christian Watier Il s'est installé une serre de prise de vue et a fait de son jardin un véritable atelier. Christian Watier sème...des mauvaises herbes qu'il photographie à tous les stades. Il prend 6 000 photos par mois. Grâce à un classement informatisé très pointu, il peut répondre aujourd'hui en dix secondes à une commande des plus précises. La photo de tel acarien sur tel arbuste, il l'a ! C'est l'une de ses forces. << Le classement demande une très grande rigueur >> avoue t'il. Sur ce plan, il n'a pas de concurrent. Son autre force, c'est d'avoir sorti la photographie agricole de son ghetto. Il en a fait un art au même titre que la photo de sport ou la photo de news. Ses tracteurs sont d'une beauté absolue, ses acariens gracieux, ses épis de maïs mangés par la pyrale émouvants. << Je traite la photographie agricole avec amour >> ajoute-t-il. 90% de ses travaux sont des photos agricoles. << Pour le reste je fais des photos qui correspondent à mes premières amours de photographe. Des paysages notamment. J'habite à deux cents mètres de la Loire et je me suis acheté une barque et un canoë pour travailler >>.
Brigitte Michaud


Sélection nomade 1999
Retrouvez les différents travaux du photographe Christian Watier avec un extrait de sa photothèque composé d'une centaine d'exemples. Dix thèmes sont proposés : Techniques de l'agriculture, Elevage, Paysages, Loisirs, Nature etc. Longtemps photographe amateur, longtemps technicien agricole, Christian Watier a fini par faire se rencontrer sa passion et son métier. Elle l'a servi, amalgamé et finalement supplanté, pour le plaisir de nos yeux ébahis. Désormais membre du club très fermé des photographes agricoles professionnels, Christian Watier met en ligne quelques unes des pièces de sa photothèque, regroupées par thèmes. Nature et cultures en font partie, bien sûr, mais ne ratez pas non plus ses photos de paysages, ou plus microcosmiques, ses zooms indiscrets sur les ennemis des végétaux.


La Nouvelle République - SAUMUR - le 21/11/96
Christian Watier, le Doisneau des champs
Technicien agricole pendant seize ans, Christian Watier, le Beaufortais, a fait de la photographie agricole une spécialité et un art. Ses clichés de goret, de maïs ou de paysages presque psychédéliques ont un point commun : le talent de l'opérateur.
Le spectacle avait quelque chose d'un peu surréaliste, ce matin là : arc-bouté sur son appareil photographique, Christian Watier immortalisait un épi de maïs qu'il était allé chercher, la veille, dans un champ expérimental à Marmande. Il avait fait l'aller-retour dans la journée.
Hurluberlu ? Maniaco-dépressif atteint de maïsophilie aiguë ? Que neni ! Tout bêtement Christian Watier exerce le respectable métier de photographe qu'il peut pratiquer jusque dans le fond de son jardin si la nécessité s'en fait sentir. La particularité de ce Lorrain bon teint, c'est de travailler essentiellement pour des magazines ou des groupes industriels à vocation agricole ou para-agricole. Quand il n'est pas dans un champ pour traquer la pyrale - un ravageur du maïs - avec son objectif, il arpente des rangs de vigne ou s'en va surprendre un goret un train de se goinfrer. C'est bien simple ; il n'y a rien dans le monde végétal et animal de nos contrées qu'il n'ait, un jour ou l'autre, mis en image.
La bande des dix
En fait, ce n'est pas vraiment un hasard si ce chasseur d'images est entré dans la bande des dix photographes professionnels français exerçant cette spécialité pointue : Christian Watier a suivi une formation de technicien agricole à Fondettes, près de Tours, avant d'effectuer une carrière de seize ans dans le secteur de la recherche au sein du groupe Limagrain. Il aimait son job. Mais son truc à lui, c'était la photo. " A 11 ans, j'ai créé un photo-club dans mon établissement scolaire. Et pendant six ans, j'ai été membre d'un club de photo. Le déclic ? Il ne s'est pas produit subitement. En fait, mon employeur me confiait les prises de vue pour ses publicités. Je réalisais aussi les montages audiovisuels du groupe Limagrain. avec mes propres photos. Les rédacteurs en chef qui assistaient à ces projections ont été intéressés par mon travail et, petit à petit, m'ont confié des correspondances...".
Et c'est ainsi - doucement - que Christian Watier a basculé. Pendant trois ans, Il a exercé sa profession de technicien de recherche dans la journée et passé ses week-ends et ses nuits à " bouffer des kilomètres et des kilomètres de pellicule ".
5000 photos par mois !
Quand il a obtenu la certitude que ses revenus de photographe seraient au moins équivalents à ceux de son premier métier, Il a sauté la barrière. Ses arrières étaient assurés 20, 30 puis 40 rédacteurs on chef de magazines spécialisés ont fait appel à lui, sachant qu'ils trouveraient en Christian Watier un technicien éclairé. Tout l'art du photographe de Beaufort-en-Vallée, c'est de répondre pile-poil à l'attente du magazine en illustrant à la perfection le sujet de l'article. Sa formation et son expérience chez Limagrain lui sont, dès lors, indispensables…
" Sur une commande, je réagi au quart de tour. Et puis, Il faut dire qu'aujourd'hui, je dispose d'une photothèque qui permet de répondre pratiquement à tous les besoins ". Equipé d'une plate-forme numérique, qui lui permet de graver ses photos sur CD-ROM, Christian Watier a stocké plusieurs centaines de milliers de photos. Elevage, cultures, vignoble, tourisme, paysages... déclinés sur tous les modes et tous les tons. Watier peut difficilement être pris en défaut. A raison de 5.000 photos par mois, Il a écumé tous les coins et recoins des campagnes françaises. C'est le Doisneau des étables, le Cartier-Bresson des caves à dégustation.
Pour autant, il serait faux de lui coller une étiquette. Si la griffe "Watier Visuel " apparaît souvent dans ces magazines agricoles pour des clichés réalistes, le photographe Watier est aussi un remarquable traqueur d'instantanés insolites. Il a fait des planques interminables pour saisir le repas d'une vipère, le vol gracile d'un papillon ou le spectacle quasi- fantasmagorique d'un ciel lourd sur la Loire à la fine pointée de l'aube. Du travail d'artiste. D'ailleurs, à 39 ans, ce grand garçon décontracté n'a pas dît son dernier mot ; il rêve si fort de grands reportages " sur des sujets de fond " qu'il finira bien un jour par aller se poser sous d'autres cieux.
Alain MARIEZ



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